L’entretien d’une canalisation tient à peu de chose : une simple grille posée sur la bonde retient plus de bouchons que tous les flacons du rayon droguerie. On le constate en ouvrant les tuyaux. Ceux des logements où rien d’autre que de l’eau, du savon et du papier ne descend sont propres après trente ans, comme celui de la photo en tête d’article. Les autres racontent ce qu’on y a jeté.
Grille de bonde et siphon nettoyé : l’entretien de canalisation qui compte
La grille se pose sur la bonde de l’évier, de la douche et de la baignoire. Dans la cuisine, elle arrête le riz, les pâtes, les épluchures. Dans la salle d’eau, les cheveux. On la vide dans la poubelle, pas dans le WC.
Le siphon est la pièce en U ou en bouteille sous l’appareil. Il garde de l’eau pour bloquer les odeurs, et il garde aussi tout ce qui est lourd. Son nettoyage prend dix minutes.
- Posez un seau ou une bassine sous le siphon.
- Dévissez la culasse ou les deux écrous à la main, sans pince.
- Videz le contenu, brossez l’intérieur à l’eau chaude.
- Contrôlez le joint, remettez-le à plat, revissez à la main.
- Faites couler l’eau et passez un doigt sous les écrous pour vérifier qu’ils sont secs.
Sous une douche, la bonde se démonte par le dessus : on retire la grille, puis le godet du siphon, et on sort le feutre de cheveux. Deux fois par an suffisent dans la plupart des logements, plus souvent avec des cheveux longs.

L’eau chaude après la vaisselle : utile, dans certaines limites
Laisser couler l’eau chaude du robinet une trentaine de secondes après la vaisselle pousse la graisse encore liquide jusqu’à la colonne, un tuyau de gros diamètre où elle se dilue dans le flux des autres logements. Le geste est simple et il sert, à une condition : que le tuyau entre l’évier et la colonne soit court et en pente.
Il ne remplace pas ce qui se fait avant, essuyer la poêle au papier et garder l’huile de friture dans un bocal. Les raisons sont détaillées dans notre article sur la graisse dans la canalisation de cuisine.
L’eau bouillante est une autre affaire. Dans un évier, elle fait fondre le dépôt sur un mètre et le laisse figer plus loin. Dans un WC, elle peut fendre la porcelaine. On s’en tient à l’eau du robinet.
Dans le WC, le papier et rien d’autre
Le papier toilette est fait pour se défaire dans l’eau. Rien d’autre ne l’est. Les lingettes, y compris celles dont l’emballage annonce qu’elles se jettent dans la cuvette, restent entières et s’accrochent à la première aspérité : le détail est dans notre article sur les lingettes et les canalisations bouchées. Même chose pour les cotons, les cotons-tiges, les protections périodiques, l’essuie-tout, la litière du chat, les restes de repas.
Les blocs désodorisants accrochés au bord de la cuvette méritent un mot. Leur support en plastique se décroche, tombe et part avec la chasse. Il se met en travers du coude, et le papier s’entasse derrière. C’est une cause banale de débouchage de WC.
Une poubelle à couvercle à côté de la cuvette règle la question, surtout dans un logement où passent des invités ou des locataires de courte durée.

En pavillon, un regard dégagé et repéré
Le réseau enterré d’une maison se surveille par ses regards. Beaucoup de propriétaires ne savent pas où ils sont. Ils ont été recouverts par une terrasse, un massif, vingt centimètres de terre et de gazon, ou le dallage de l’allée.
Cherchez-les un jour où tout va bien. Il y en a souvent un à la sortie de la maison et un autre vers la limite de propriété, parfois un troisième à chaque changement de direction. Dégagez les tampons, vérifiez qu’ils se soulèvent, et notez leur emplacement sur un plan rangé avec les papiers de la maison.
Une fois par an, ouvrez-les et faites tirer une chasse. L’eau doit traverser le regard et disparaître. Un fond qui garde de l’eau, des dépôts sur les parois, des radicelles à l’entrée d’un tuyau sont des signes à traiter avant le refoulement.
Le jour où ça bouche, un regard accessible change l’intervention : le technicien y passe le flexible en quelques minutes au lieu de chercher le tracé ou de déposer un WC. Le débouchage de canalisation extérieure commence toujours par là.
Produits d’entretien, bicarbonate et vinaigre : ce qui ne sert à rien ou abîme
Les produits dits d’entretien à verser chaque semaine sont des déboucheurs dilués, le plus souvent à base de soude. À petite dose répétée, ils n’enlèvent pas un dépôt de graisse installé, mais ils durcissent les joints des siphons et, dans les immeubles anciens, attaquent les joints des évacuations en fonte. Sur une fosse septique, ils nuisent à la flore de la cuve. On les déconseille : un tuyau qui a besoin d’un produit chaque semaine a un problème qu’aucun flacon ne règle.
Le bicarbonate et le vinaigre, il faut le dire honnêtement, ne débouchent rien. Le mélange mousse, ce qui donne l’impression d’une action. Cette mousse est du gaz carbonique produit par la neutralisation de l’acide par la base. Une fois la réaction finie, il reste de l’eau légèrement salée. La graisse et les cheveux sont intacts.
Séparément, chacun a un usage. Le vinaigre détartre une cuvette ou un mousseur. Le bicarbonate atténue une odeur de bonde pour un jour ou deux. Aucun ne nettoie six mètres de tuyau.
Le gros sel, le marc de café, les cristaux de soude versés en prévention relèvent de la même croyance. Le marc s’accumule dans les points bas et aggrave les choses.
Les produits enzymatiques sont les seuls sans danger pour le tuyau et pour une fosse. Leur effet est lent et modeste. Ils n’ont d’intérêt que sur un réseau sain, et un réseau sain s’en passe.
Le curage préventif des colonnes et des réseaux de pavillon
Les gestes qui précèdent protègent vos tuyaux. Ils ne peuvent rien pour une colonne où descendent les eaux de vingt logements, ni pour un réseau enterré de quarante ans.
Le curage préventif consiste à nettoyer à la haute pression un réseau qui coule encore. Le flexible remonte le tuyau depuis un tampon de visite ou un regard, la buse décolle la graisse, le tartre et les dépôts, et l’eau les entraîne. C’est le curage de canalisation, réalisé avec le camion d’hydrocurage pour les grandes longueurs.
Trois situations le justifient. Une colonne d’immeuble dont les logements du bas ont déjà refoulé. Un réseau de pavillon ancien, en grès ou en ciment, bordé d’arbres. Une cuisine de restaurant ou une évacuation longue et plate qui se rebouche. Ailleurs, on ne vous le vendra pas : un tuyau en PVC bien posé, dans une maison où l’on fait attention, n’en a pas besoin.
La fréquence ne se fixe pas à l’aveugle. On passe la caméra après le premier curage, puis un an plus tard, et l’épaisseur du dépôt revenu donne le bon rythme pour ce réseau. L’inspection caméra sert aussi à repérer une contre-pente ou un joint déboîté, que le curage ne corrige pas.
Nos interventions, du simple débouchage à partir de 99 € TTC, déplacement inclus, au curage d’un réseau complet, sont présentées sur la page débouchage de canalisation en Île-de-France.